En automne 2016, la présence de mes lanternes au Festival du féminin de Montréal a été magnifiquement reçue. J’apercevais une étincelle commune dans le regard des gens, si brillante qu’elle m’a fait rêver d’une Communauté des lumières. J’ai ressenti l’interconnexion de la toile humaine autour des flammes des lanternes. Une fois ces dernières allumées, nous sommes soudainement tous unis par le feu sacré. Cette vision d’une famille d’âmes-étincelles a habité mes pensées les mois qui ont suivi l’événement. Je devais faire quelque chose pour reproduire l’expérience et amener au plus grand nombre la magie des lanternes… 

UNE VISION À CONCRÉTISER

Mes prototypes de lanternes demandaient à être développés. Je me souviendrai toujours de cette fameuse conversation de salon avec deux bonnes amies. L’une me dit: «Si ce n’est pas toi qui investis 500$ pour produire des prototypes, personne ne va le faire à ta place». Simple, mais si percutant! Elle avait raison. «C’est quoi, injecter 500$ dans un de tes rêves?» me disais-je. Puis, je suis rapidement tombée sur la boîte de pandore des remises en question: «Que vas-tu faire avec ça, plein de lanternes en verre soufflé? Comment arrive-t-on à développer un produit? Qui seront mes collaborateurs?». Je n’avais aucune réponse claire pour me réconforter, mais je devais me mettre en marche. Après tout, la lanterne formait le cœur de ma vision! 

«Lorsque l’âme souhaite faire l’expérience de quelque chose, elle projette l’image de cette expérience devant elle et entre dans sa propre image.»

Meister Eckhar

Armée de mon intention, j’ai balbutié mes premiers pas vers le choix des couleurs et l’esquisse des modèles. Mes recherches m’ont portée à la rencontre du maître verrier qui soufflerait le corps des lanternes et des joaillières qui confectionneraient les anses et les ornements. J’ai alors sélectionné avec soin les femmes qui porteraient les premières lanternes, mes précieuses ambassadrices, les piliers de mon projet. Elles constituaient le pont entre la communauté et mon univers de création personnel. De fil en aiguille, ma vision prenait forme. 

LA GENÈSE DES CÉRÉMONIES D’ASTRANCIA

La lanterne était devenue une œuvre collective d’une qualité remarquable. On distinguait son aura comme si elle vivait d’elle-même. Tant d’amour a contribué à créer cette lanterne pour qu’elle nous relie à plus grand que nous. L’effet sur l’âme est insoupçonné. Un tel petit joyau ne peut simplement être vendu comme un objet ordinaire qui enjolive la maison. Le moment où l’on reçoit notre lanterne se doit d’être une cérémonie majestueuse à la hauteur de la plus belle flamme. 

Je cherchais le contexte qui potentialiserait l’expérience de la lanterne. Un moment de répit complet où le mental arrive à céder, où la beauté des choses nous apparaît comme une évidence. J’imaginais offrir un voyage en accéléré au cœur des gens, une bulle dans l’espace-temps que les soucis du quotidien n’atteindraient pas. Je nous voyais réunis dans un esprit d’authenticité, chacun avec sa lanterne sacrée. À un moment ou à un autre, on a tous besoin de prendre du recul, de dédramatiser et de reconnaître les cadeaux de la vie. De cette intention est né le service de cérémonie d’initiation d’Astrancia. 

«En chacun de nous se trouve le feu sacré, là où naissent les rêves, les visions… Certains rêves se dissipent au matin, d’autres creusent leur nid et veulent fleurir.»

Si je n’avais pas suivi le filon lumineux de mes rêves ー ceux-ci qui ne cessent jamais d’évoluer ー je n’aurais jamais pu goûter aux délices qu’ils ont apporté au monde. Autour des lanternes, on s’est rassemblés, on s’est recueillis, on s’est transformés.  Grâce à cette expérience, je sais aujourd’hui que nos rêves les plus profonds sont faits pour être réalisés. 

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